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Nous commencerons à aborder les livres par un syllogisme de Sénèque, philosophe stoïcien et dramaturge du début de l’ère chrétienne (citation tirée des "Lettres à Lucilius") :
Un rat est une syllabe ; or un rat ronge du fromage, donc une syllabe ronge du fromage. Supposez que je ne puisse débrouiller ce sophisme, quel péril mon ignorance me suscitera-t-elle, quel inconvénient ? En vérité devrai-je craindre de prendre un jour des syllabes dans une ratière, ou de voir, par ma négligence, un livre manger mon fromage ? Ou peut-être y a-t-il plus de finesse à répondre : Un rat est une syllabe ; une syllabe ne ronge pas de fromage : donc un rat ne ronge pas de fromage. |
Dans les romans et notamment dans les titres, le mot 'rat' est souvent utilisé pour désigner : "un animal sauvage, grégaire, méchant, sale et vivant dans les égouts." Parmi les romans ci-dessous, tous ceux employant le mot rat à ces fins sont notés "image négative". Il est étonnant de remarquer que le rat dans son image négative est souvent utilisé comme alter ego de l'homme, comme un reflet de l'inhumanité de notre espèce.
Commençons par les romans classés « jeunesse », donc destinés aux enfants.
- "Les enfants-rats" de Françoise Jay (éditions Plon Jeunesse, 2009) - Image négative
- "J'étais un rat !" de Philip Pullman (éditions Gallimard, 1999) - Image inconnue
- "Casse-Noisette et le roi des rats" de E-T-A Hoffmann (éditions Gallimard, 2009) - Image négative
- "Le rat bleu : une histoire presque vraie" de Jean-Maurice de Montrémy et Emmanuel Pierre (éditions Gallimard, 2008) - Image positive
- "Harry Potter" de J.-K. Rowling (éditions Gallimard, 7 tomes) - Image négative
- "Ratus" de Jeanine Guion, Jean Guion et Olivier Vogel (éditions Hatier, série de plusieurs tomes) - Image positive
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Jean-Maurice de Montrémy et Emmanuel Pierre, "Le rat bleu : une histoire presque vraie", éditions Gallimard, 2008 |
Passons ensuite aux autres romans – science-fiction, littérature, policier, de nombreux genres parlent aussi de rats !
- "L'Empereur des rats" de Bernard Lenteric (éditions Omnibus, 2 tomes) - Image négative
- "Les rats", "Le domaine des rats", "L’empire des rats" et "The city" de James Herbert (écrits entre 1974 et 1993, éditions récentes Fleuve Noir) - Image négative
- "La Peste" d'Albert Camus (éditions Gallimard, 1947) - Image négative
- "Pars vite et reviens tard" de Fred Vargas (éditions Viviane Hamy, 2001) - Image négative
- "Firmin : autobiographie d'un grignoteur de livres" de Sam Savage (éditions Acte Sud, 2009)
- "Les mémoires d'un rat" de Andrzej Zaniewski (éditions Belfond, 1996) ; ce roman offre une image dure et difficile du rat, à l'effigie de l'humain.
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| "Firmin : autobiographie d'un grignoteur de livres", Sam Savage, éditions Acte Sud, 2009 |
"Les mémoires d'un rat", Andrzej Zaniewski,
éditions Belfond, 1996 |
De tout temps les rats ont fait peur car ils ont été vecteurs de maladies, et en particulier de la peste, que l’on nommait au Moyen Age la peste noire, et qui en tant qu’épidémie décima des villes entières à certaines époques.
Bien que ce soit en fait une puce infectée portée par le rat sauvage qui véhicule la maladie, dans l’imagerie populaire, c’est le rat lui-même qui est devenu symbole de maladie et de mort. Par extension, tous les rats, qu'ils soient domestiques ou non, quelle que soit leur espèce, continuent de véhiculer à travers l'Histoire (et les œuvres qui en sont le témoignage) une image de porteurs de maladie. Il est d'ailleurs intéressant de noter que les rats qui apportaient la peste en Europe au Moyen Age et à la Renaissance étaient des Rattus Rattus et non les "pères" de nos rats domestiques !
« La Peste » de Camus
Dans son roman « La peste », le célèbre écrivain français Albert Camus raconte une période de quarantaine à Oran, une ville d’Algérie, soumise à une épidémie de peste dans les années quarante. Le livre commence par la découverte d’un rat mort sur le palier d’un médecin. Dans les jours qui suivent, ce sont des milliers de cadavres de rats que l’on retrouve dans les rues de la ville. La population prend peur. Rapidement, les premiers hommes succombent. Aucun doute, c’est la peste. La ville est mise en quarantaine.
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| La Peste, Albert Camus, éditions Gallimard, 1947 |
Faces de rats, Ptiluc, éditions Vents d’Ouest, 1987 |
Dans l'illustration de Ptiluc (couverture de Faces de Rats volume 1), le grand dessinateur à l’humour grinçant, les rats lisent « La peste » et sont morts de rire (alors qu’en réalité le livre est plutôt sombre). Pour eux, des rats qui déciment une ville, c’est vraiment hilarant !
« Pars vite et reviens tard » de Vargas
Bien plus récemment, l’auteur de romans policiers Fred Vargas a utilisé l’image du rat vecteur de peste dans son roman « Pars vite et reviens tard ». Dans le Paris contemporain, une vieille femme un peu folle élève des rats dans son grenier afin de récupérer leurs « puces pesteuses ». Son but est de se venger de certaines personnes en leur envoyant la mort – des puces infectées dans des enveloppes. Elle croit sa famille immunisée contre la peste car elle fut l’une des seules à survivre dans le quartier le plus touché de Paris lors de la dernière épidémie que la ville subit en 1920.
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Pars vite et reviens tard, Fred Vargas, éditions Viviane Hamy, 2001 |
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